Lorsqu’il lance l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) en 1999, son fondateur, Jacques Parizeau, ancien premier ministre du Québec et toujours président honoraire de l’institut, déclare que «le néolibéralisme est allé assez loin et qu’il y a un besoin de renouvellement des idées». Le directeur de l’institut de l’époque, Jean Labrecque indique qu’ «il y a des solutions de rechange au discours dominant qui réclame entre autres une diminution importante de la taille de l’État». Selon l’institut, la mondialisation des marchés affaiblit le pouvoir des États et la capacité des gouvernements à intervenir et à résoudre les problèmes causés par la libéralisation.
De plus, l’IRÉC constate qu’au fil des ans, ce sont des institutions étrangères au Québec et bien souvent indifférentes à la recherche qui s’y fait ou à la réflexion spécifique qui l’alimente qui se sont imposées. Elles ont façonné les outils qui servent à produire une lecture de la réalité québécoise et ce sont bien souvent leurs rapports de recherche en tous genres qui servent à diriger les projecteurs sur des questions d’importance stratégique à moyen et long terme. Conference Board, Fraser Institute, C.D. Howe Institute, les services de recherche de RBC, de CIBC ou de Toronto Dominion Bank, produisent une foule de diagnostics sur nos programmes sociaux, sur la productivité de nos entreprises, sur la pertinence des fonds de travailleurs, sur le « fardeau » de la syndicalisation et des lois du travail, etc., diagnostics qui occupent une place démesurée dans les débats publics au Québec. Ces rapports mettent de l’avant des logiques de normalisation qui cherchent à pousser davantage l’intégration continentale et à éroder tout ce par quoi notre société y échappe ou s’en distingue. Le Québec se regarde trop souvent avec les yeux de Toronto.
De nombreux intervenants l’ont souvent déploré, ces études produites par des institutions étrangères ne se donnent généralement pas la peine d’utiliser la recherche produite ici en français. Les travaux élaborés par des chercheurs les mieux au fait des sensibilités et des réalités de notre milieu y sont trop souvent ignorés ou marginalisés. Des connaissances précieuses ne sont pas utilisées à leur pleine valeur, des points de vue sont négligés et des compétences restent dans l’ombre, privées d’audience et en marge de circuits qui pourraient accroître leur influence et leur rayonnement.
C’est pourquoi, l’IRÉC s’inscrit dans l’espace public québécois en tant qu’un institut de recherche progressiste appelé à intervenir dans les débats, à produire et à diffuser des études rigoureuses en lien avec la promotion d’alternatives crédibles et bien ancrées dans la défense et la construction du modèle québécois.
Ses choix fondamentaux sont clairs:
… dans les grands domaines d’intérêt suivants:
Les réalisations de l’IRÉC ont contribué à établir la crédibilité de l’institut dans le milieu scientifique et dans l’espace public québécois. Voici quelques points de repère pour comprendre l’importance de son travail et de son rôle :
1999 – Dès la création de l’IRÉC, l’institut lance le concours annuel de l’IRÉC avec des prix qui totalisent 25 000 $ ainsi qu’un répertoire électronique unique au Québec des thèses de doctorat et des mémoires de maîtrise dans le domaine économique.
2000 – L’IRÉC lance publiquement les indices boursiers Québec-30 et Québec-150 en présence des principaux représentants du monde financier québécois qui peuvent désormais s‘y fier quotidiennement pour suivre la performance du marché boursier québécois (Indice Québec). En partenariat avec l’Université de Sherbrooke, l’IRÉC annonce aussi la création du Centre d’analyse et de suivi de l’Indice Québec (CASIQ) dont la mission est d’assurer le maintien et la mise à jour de la gamme Indice Québec. L’IRÉC établira par la suite un partenariat avec le gouvernement du Québec qui utilise l’Indice Québec-30 pour émettre des obligations boursières et avec le Mouvement Desjardins pour l’utilisation de l’indice Québec-30 comme composante financière de l’Indice Précurseur Desjardins. Cette même année, l’institut tient un important colloque «Financer le développement local» sous la direction de Jacques Parizeau.
2001 – La Banque nationale utilise l’Indice Québec pour lancer un nouveau produit financier.
2002 – L’IRÉC continue d’intervenir dans les débats publics et lance l’idée, un temps retenue par le gouvernement du Québec, de créer un Observatoire de la mondialisation.
2005 – L’IRÉC crée et publie des Indices régionaux du Canada (Indice Québec).
2006 – L’IRÉC réalise une recherche-action auprès du Foyer des jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal, une initiative novatrice, unique en Amérique du Nord. Les résultats de cette recherche auront contribué à une meilleure compréhension de la problématique du soutien résidentiel pour les jeunes en voie de réintégration sociale et suscité l’émergence de propositions concrètes pour améliorer le secteur de l’habitation sociale.
2006-2007 – L’IRÉC rédige plusieurs travaux de recherche sur la crise forestière. Au fil des ans, plusieurs interventions ont eu cours dans le domaine de la coopération forestière et du développement local des milieux forestiers.
2007-2009 – L’IRÉC établit un partenariat avec la cellule d’aménagement du Secteur des Coteaux, un organisme sans but lucratif créé par les municipalités de La Morandière, Rochebeaucourt et Champneuf et du territoire non organisé de Despinassy. La cellule procède à un projet expérimental de culture du saule à des fins énergétiques. Ce projet est encadré sur le plan scientifique par deux instituts de recherche: l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV), associé au Jardin botanique de Montréal et à l’Université de Montréal, encadre tous les protocoles de culture et de tests de variétés et l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) est responsable du volet des analyses socio-économiques reliées à l’émergence d’un secteur industriel agro énergétique centré sur la culture du saule et de quelques autres variétés d’arbres et de plantes ligneuses.
2009 – L’IRÉC lance un ambitieux plan de développement qui lui permet de recruter des partenaires majeurs au sein du mouvement syndical québécois; la même année, l’institut procède à une percutante analyse sur le développement, en partenariat public privé, du campus de Lévis par l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).
Depuis ce temps, l’institut peut se targuer d’une production scientifique efficace, axée sur la diffusion des résultats. Au cours des quatre dernières années, l’IRÉC compte déjà à son actif plus de 65 parutions : Notes d’intervention (publication mensuelle), Notes de recherche, Rapports de recherche, Mémoires, Bulletin de l’IRÉC (publication mensuelle) et une émission de radio hebdomadaire Par-dessus le marché (Radio Ville-Marie)
Voici des exemples de rapports de recherche qui dynamisent les débats publics :
• L’accaparement des terres et les dispositifs d’intervention sur le foncier agricole, mars 2012
• Les services publics : un véritable actif pour les ménages québécois, février 2012
• Accord économique et commercial global Canada-Europe : quelles conséquences pour le Québec?, janvier 2011
• L’électrification du transport collectif : un pas vers l’indépendance énergétique du Québec, janvier 2011
L’IRÉC a aussi organisé des colloques axés sur des enjeux stratégiques
• Le modèle agroalimentaire québécois à la croisée des chemins, 81e Congrès de l’ACFAS, mai 2013
• Développement minier : vers un nouveau modèle pour le Québec HEC Montréal, novembre 2011
• L’indépendance énergétique et la mobilité durable ITHQ, janvier 2011
• Main d’œuvre : le Québec face à ses pénuries ITHQ, mai 2010
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