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Plan d'action sur l'électrification des transports du gouvernement Couillard

Tout ça pour ça!

12 novembre 2015

L’IRÉC publie aujourd’hui la Note d’intervention no 43 qui analyse le plan d’action sur l’électrification des transports (PAÉT) 2015-2020 du gouvernement Couillard. En s’appuyant sur le récent rapport de recherche de l’IRÉC sur le financement de la transition énergétique dans les transports, le chercheur de l’IRÉC, Gilles L. Bourque a constaté que « le document gouvernemental reste superficiel : le propos n’est pas appuyé sur une solide documentation et il n’est pas vraiment en phase avec le Plan d’action sur les changements climatiques (PACC) 2012-2020. Derrière les formules creuses, l’ambition manque et les moyens sont inadéquats ».

Un horizon trop court, une vision trop étroite

Contrairement par exemple au Plan d’action du gouvernement Charest, qui portait sur un horizon d’une dizaine d’années, le nouveau plan se limite à 5 ans, soit à peine plus long qu’un mandat électoral normal. « Une véritable stratégie québécoise d’électrification des transports doit se donner des cibles sur des horizons de 5, 10 et 15 ans (2020 – 2025 – 2030) », a expliqué le chercheur.

D’un point de vue financier, l’effort fourni par le nouveau plan d’action apparaît bien faible. Alors que la Stratégie d’électrification des transports du gouvernement Marois proposait un budget de 516 millions $ sur 4 ans (130 M$/an), le PAÉT 2015-2020 s’élève à seulement 420 millions $ sur 5 ans, soit 85 M$/an.

Le montant de 93 millions $ alloué au programme Roulez électrique est difficilement compatible avec l’objectif de 100 000 véhicules électriques sur la route en 2020

Changements climatiques : une goutte dans un verre d’eau

Le manque d’ambition du PAÉT 2015-2020 est encore plus prononcé en ce qui a trait à la lutte aux changements climatiques. L’économiste en a pour preuve la cible de réduction de 150 000 tonnes de GES qui ne représente qu’un demi de 1 % des 27,3 Mt de CO2 émises par le transport terrestre en 2012.
 
Le Plan d’action ne parviendrait qu’à légèrement ralentir l’augmentation des GES émis par le transport terrestre au Québec, faisant passer cette dernière de 1,9 à 1,75 Mt de CO2 d’ici 2020 ».

Développer la filière industrielle : des vœux pieux

« Enfin, les cibles du gouvernement en matière de développement industriel associé à l’électrification des transports sont contestables. L’actualité récente montre que sous les gouvernements libéraux, le savoir-faire québécois a été la plupart du temps abandonné aux forces du marché sans trop d’égard pour l’intérêt national. Le cas de la coentreprise formée de TM4 et de Prestolite Electric Beijing Limited (PEBL) et celui du transfert de technologie des batteries à base de lithium-fer-phosphate (LFP) développée par l’Institut de recherche en électricité du Québec (IRÉQ) vers la région Aquitaine en France nous font nous interroger sur la véritable stratégie du gouvernement : veut-on monnayer au plus offrant les innovations d’Hydro Québec de manière à maximiser ses rendements et les revenus du gouvernement? », a conclu Gilles L. Bourque chercheur à l’IRÉC.

Il est possible de consulter ou de télécharger ici la note d’intervention de l’IRÉC no 43 Plan d’action sur l’électrification des transports du gouvernement Couillard : Tout ça pour ça!

Il est également possible de consulter ou télécharger ici le rapport de recherche de l’IRÉC Financement de la transition énergétique dans les transports.


 

Graphisme : Anne Brissette graphiste  |  Réalisation : NeXion